Une belle histoire

Il était une fois, un petit garçon qui regardait à la fenêtre les véhicules passer, espérant voir la plus belle voiture ou la plus belle moto.
Tout petit, il s’est intéressé aux sports mécaniques, n’attendant qu’une chose : passer son permis, pour lui aussi conduire et pourquoi pas faire de la compétition.
En attendant, il aura fallu faire avec les moyens liés à son âge, d’abord le vélo. Il y en aura eu des tours de pédales.

Puis vient enfin l’arrivée du moteur avec l’acquisition d’un cyclomoteur, un Peugeot 103.
Avec les premières courses de mob, sur des circuits. C’était super.

A 16 ans, comme par hasard, Pascal trace son orientation professionnelle vers le Lycée du Porteau à Poitiers pour acquérir un CAP de mécanique automobile.

En parallèle, il commence à remplir le parking de la cité de véhicules pour bricoler, et préparer une voiture dans l’attente du permis.

A 18 ans, le CAP et le permis sont dans la poche, la Peugeot 404 est prête, et pour couronner le tout le permis moto aussi.

Il achète alors sa première moto d’occasion. Une KTM 250 GS de 1977.
Vient alors le début des courses d’Enduro avec un équipement plus que modeste.

En 1982, sur une Husqvarna 240 WR acheté d’occasion, il devient champion de ligue d’enduro et champion de ligue des courses de 6 heures d’endurance tout terrain.
Cette même année, il roule sur une Sach Nauder 250 GSB au Bol d’Herbe du Puy en Velay (Course d’endurance de 24 heures par équipage), sur une Husqvarna 125 WR aux jeux motos au Mans (courses regroupant toutes les pratiques sportives motocyclistes) et sur une Husqvarna 240 CR à quelques courses de moto cross.

En parallèle, à l’âge de 21 ans, il se met à son compte, en créant un magasin de vente et de réparation motos, et devient concessionnaire Husqvarna.
Le magasin Promoto était situé à l’époque au numéro 168 Rue du Faubourg du Pont Neuf à Poitiers.

En 1983, il débute sa saison sportive sur une Husqvarna 240 WR toute neuve.

Il engage un équipage dont il fera parti pour le Bol d’Herbe du 15 au 17 juillet 1983 à Gaillefontaine, aux côtés de Philippe, Jean-Philippe et Thierry .
A cette occasion, la SIMA, importateur de la marque suédoise fourni une Husqvarna 430 WR.

Malheureusement cette course aura plus ressemblé à 24 heures de mécanique que 24 heures d’endurance. A plusieurs reprises la boite de vitesse sera cassée.
Tant bien que mal, l’Husqvarna numéro 61 a terminé à la 36ème place.
Au passage, merci aux copains Philippe (vqs), Jean Yves et Pierrot pour leur assistance.

Et puis viennent les difficultés financières obligeant Pascal à cesser son activité professionnelle, et de ce fait son activité sportive.
Il croise alors Michel, un passionné de moto qui lui achète son Husqvarna 430 WR, non pas pour faire de la compétition, mais plutôt par amour d’une belle machine.

Un lien d’amitié né entre les deux personnes, et Michel fait part que s’il doit un jour se séparer de cette moto, elle reviendra en priorité à Pascal.

C’est alors que ce dernier se promet de reprendre la compétition dès que le portefeuille sera garni.
Le parcours de vie conduit Pascal à fixer comme priorité de s’occuper de ses petits êtres qui lui sont chers: Céline et Rémi.
Il sait qu’il faut savoir attendre. Un jour viendra…

Les années passent… Elles passent tellement vite que nous rentrons dans le 21ème siècle, où la recomposition familiale est au rendez-vous.

Pascal est en boucle. Il n’arrête pas de raconter à toute la petite famille la fameuse histoire de la 430 WR qui l’attend soit disant depuis 25 ans.
Cependant, beaucoup de questions se posent, car depuis tout ce temps, il n’a pas revu Michel.

Nous rentrons dans le cœur de cette histoire, où aux alentours du Noël 2008, Max et Lou disent à Maryse: Dis Maman ! Et si c’était vrai l’histoire de Pascal.
Ce qui les conduit à faire les détectives pour se mettre à la recherche de Michel.

Pascal ne racontait pas des bêtises. Alors pour lui faire la surprise, on lui mit un foulard noué autour des yeux, pour le conduire devant l’objet tant attendu.

Pour une surprise ce fut une surprise, la 430 WR était dans son jus, sous une couverture dans un garage bien au chaud.
Cependant, elle n’était pas encore à vendre mais juste à contempler pour le plaisir des yeux.

En novembre 2009. Surprise !! Un appel de Michel qui indique que la moto est disponible. Il tient sa parole en la proposant à son propriétaire d’origine.

Le rythme cardiaque de Pascal est au maximum. Sans attendre, il sort sa vieille Mercedes Vintage, loue une remorque et court chercher la merveille de la technologie.

Arrivée à la maison, Oh surprise, Maryse sa bien-aimée, le surprend en lui indiquant que la place réservée à cette moto n’est autre que le salon, et non pas le garage.
Voilà, les choses sont dites : moto tu étais au chaud, tu retourneras au chaud.
Qu’elle était belle dans la maison.

Un mois après le Père Noël de Max apporte comme cadeau des chiffres collants permettant à l’Husqvarna de retrouver son numéro 61.
Tous les jours, Pascal contemple avec admiration cette moto.

Par la suite, Pascal et Maryse se lancent dans un projet de construction de maison.
Vous allez rire !!!!! Lors de la réalisation des plans, la réflexion s’est imposée pour calculer la largeur d’un pan de mur permettant d’accueillir l’œuvre d’art.
En novembre 2011, la numéro 61 déménage.

Au regard d’un âge avancé, et toujours avec l’idée de refaire de la moto un jour, Pascal se lance dans des recherches.
En 2014, son regard croise une affiche indiquant une course d’enduro de motos anciennes à Laubreçais dans les Deux Sèvres.
Vite, il faut aller voir. Alors là ce sera le déclic.

Au retour Pascal indique sans tarder : l’année prochaine je roule à Laubreçais.
Plus facile à dire qu’à faire.
Il faut se rendre à l’évidence, la durée de préparation risque d’être plus longue que prévue.
Les règles ont changées. En route pour la partie administrative et technique.

2015, l’Husqvarna descend dans le garage pour se préparer, jusqu’au jour où Pascal lance les premiers coups de kick pour la démarrer sous la surveillance de Lila, sa petite ânesse.
C’est l’extase !!! Après 33 ans d’interruption, ça pète sans trop tarder.

Retour au garage et retour sur Internet pour découvrir qu’il existe un championnat de France d’enduro de motos anciennes.
Alors pas d’hésitation, il faut tout mettre en œuvre pour réussir.

Concernant l’administratif : changement de carte grise, assurance, étude des règlements, passage du CASM (Certificat d’Aptitude au Sport Motocyclisme), inscription à un moto-club, inscription pour obtenir une licence FFM…

Concernant la moto : remise en état, adaptation au règlement, réalisation de pièces mécaniques, recherche de pneus homologués, de pièces parfois introuvables.

Concernant le pilote : ayant plus de 50 ans, prise de sang, test d’effort, attestation du médecin pour la pratique sportive, achat de l’équipement, alimentation équilibrée et retour à l’activité physique.
Le mental est au rendez-vous, son entourage en sait quelque chose.

La première réelle sortie du binôme a eu lieu au début du mois de décembre 2015 sur le terrain de l’Hommaizé mis en place par l’association Team passion.

Vous vous rendez compte ? Depuis 33 ans la moto n’avait pas roulé, et depuis 33 ans Pascal n’était pas monté sur la selle d’une moto tout terrain.

portraitBonjour à toutes et à tous,

Alors elle n’est pas belle cette histoire ?
Elle peut vous paraitre banale ou farfelue. En ce qui me concerne je la trouve belle car je la vie pleinement.
Il faut savoir attendre, et tout arrive un jour. J’ai su attendre 33 ans.

Comme vous avez pu le constater, je me lance dans ce championnat dont la première course aura lieu le 3 avril 2016 à Bouteville en Charente.
Ce sera la seule course de proximité car les 6 autres seront plus éloignées.
La dernière aura lieu le 4 septembre dans l’Aveyron, (une semaine avant le mariage de ma fille Céline et de mon gendre Flavien).

Afin de vous faire partager cette saison, j’ai souhaité mettre en ligne ce site dans lequel vous pourrez découvrir l’actualité de ce championnat.

Vous comprendrez que je souhaite avant tout me faire plaisir et partager avec d’autres pilotes cette passion de faire revivre ces petites merveilles.
Et sait-on jamais ! Pourquoi ne pas marquer quelques points dans ce championnat ???

En attendant, vous pouvez me retrouver à l’entrainement sur le terrain de l’Hommaizé le 14 février et le 13 mars 2016.
Si vous roulez, faites attention à Papi. Il n’est plus tout jeune.

J’ai retrouvé un article de presse de l’époque, vous pouvez être sur que le titre est toujours d’actualité.

Alors en route et à bientôt.

Pascal.

Dédicace aux personnes (citées dans cette histoire) qui me sont chères.

Merci également à :

Société Pommier pour le reconditionnement des amortisseurs
Baillou Motos pour l’équipement
Enduro Vintage pour les pièces Husqvarna
Bageot Motos pour les pneus

 

Et bien sûr merci à mon assistance et toutes les personnes qui me soutiennent dans cette aventure.

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